Levée de fonds : comment sécuriser les phases de LOI et de due diligences ?

17 juillet 2026

Une levée de fonds ne se limite pas à la négociation du prix et de la valorisation. Avant la signature des documents définitifs, deux étapes structurent le processus et conditionnent sa réussite : la lettre d’intention (LOI), qui formalise un premier accord non engageant entre la start-up et l’investisseur, puis les due diligences, qui permettent à ce dernier de vérifier en détail la situation juridique, financière, fiscale et sociale de la société.

Ces deux phases mobilisent des ressources importantes, tant du côté de l’investisseur que de la start-up, et supposent une préparation en amont pour éviter tout blocage de dernière minute. Quels sont les enjeux respectifs et les points de vigilance à anticiper.

Comment se construit la lettre d’intention (LOI) dans une levée de fonds ?

Comment démarre le processus avec un fonds d’investissement ?

Une levée de fonds peut démarrer de deux façons :

Le fonds applique d’abord des critères pour une phase de go/no go : secteur, position visée en tant qu’actionnaire (minoritaire ou non), stade de développement de la société, montant recherché. Si l’intérêt est confirmé, il étudie le deck et organise quelques réunions avec l’intermédiaire et/ou le management.

Durant cette phase, il examine plusieurs aspects : la question « problème/solution », le marché adressable et la traction, le go-to-market, la maturité du projet, l’équipe, le besoin de financement, etc…

S’il est convaincu d’aller plus loin, il est le plus souvent demandé au fonds de préparer une offre non engageante sous forme de lettre d’intention (LOI, “letter of intent”), contresignée par les parties prenantes.

Discussion de gré à gré ou processus concurrentiel : quelle différence ?

Cette lettre intervient classiquement de deux façons :

Que contient une lettre d’intention (LOI) ?

Une lettre d’intention comprend classiquement deux grands blocs d’informations : l’identité des partenaires et les conditions financières et juridiques de l’opération.

1. Le contexte et le positionnement du fonds

2. Les modalités financières et structurelles

3. Le calendrier et le cadre des négociations

En quoi consistent les due diligences et comment les préparer ?

Les due diligences sont une étape importante d’une levée de fonds. Il s’agit d’ouvrir à des auditeurs l’ensemble des données de la société pour une revue complète.

Quel est le périmètre des due diligences ?

Pour les sociétés matures, les due diligences comprennent au moins un audit comptable, fiscal, social et juridique. Peuvent s’y ajouter (selon les budgets et les priorités) une revue IT, assurances, RSE, stratégie ou réglementaire.

Pour une start-up, on retrouve classiquement ces mêmes due diligences. Toutefois, si la société a peu d’ancienneté ou un effectif et des agrégats financiers limités, l’examen du passé peut être plus restreint. En contrepartie, la due diligence sur le business plan est souvent plus poussée, de même qu’une due diligence technique sur le produit et stratégique sur le marché.

Comment se prépare le processus de due diligence ?

Les due diligences mettent en jeu au moins deux auditeurs : des avocats pour le juridique, et des auditeurs financiers, qui peuvent couvrir également le social et le fiscal. Pour les levées importantes, une revue technique, stratégique/marché et propriété intellectuelle/brevet (incluse ou non dans la due diligence juridique) sera nécessaire.

Comment se déroule la gestion du processus ?

Les due diligences se concentrent sur une durée allant souvent de 2 à 4 semaines. Cette période est intense : une fois les auditeurs désignés, les délais courent, tout comme leurs budgets. Il est donc conseillé de lancer le processus avec un niveau suffisant de données disponibles et de préparation.

Les informations sont mises à disposition via une data room électronique. Un SharePoint peut être utilisé par défaut, mais cette solution reste dégradée : elle ne gère pas les alertes pour les auditeurs, et ne permet pas un suivi sécurisé des informations mises en data room, sachant que cet ensemble d’informations sera formellement visé dans l’accord final.

Une fois les revues démarrées, des jeux de questions-réponses (Q&A) écrites viennent compléter des sessions d’accès au management ou à ses conseils. Lorsque le processus est concurrentiel, la start-up doit gérer plusieurs investisseurs et plusieurs streams d’audit en parallèle. Cette période intense n’a pas vocation à créer de la donnée. En revanche, pour éviter tout élément susceptible d’interrompre le processus de levée (deal breaker), il est important de s’y préparer très en amont.

Comment préparer les données et éviter les deal breakers ?

En juridique, il est important de disposer des basiques (registre de mouvement de titres notamment) et d’avoir sur étagère des informations structurées sur certains sujets : table de capitalisation, suivi structuré des instruments d’actionnariat salarié (BSA, BSPCE…).

En financier/fiscal/social, il est important de bien cadrer les dispositifs spécifiques aux start-ups. Pour le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII), cela suppose des dossiers prêts et un calcul juste, prenant notamment en compte les subventions à retirer de la base. Pour le statut Jeune Entreprise Innovante (JEI), cela implique des déclarations initiales correctement établies et un suivi rigoureux du plafond de minimis applicable aux subventions. Il faut aussi éviter tous les sujets susceptibles d’aboutir à un deal breaker :

Concernant le business plan (BP), sa construction doit rester sur un format comparable aux comptes historiques. Par ailleurs, un BP limité au haut du compte de résultat (du CA à l’EBITDA) peut s’avérer insuffisant s’il faut simuler le besoin de trésorerie.

Sans prétendre couvrir tous les aspects, il importe de souligner que ces points ne se traitent pas quelques semaines avant la levée de fonds, mais doivent être gérés sur un temps long, les sujets fiscaux et sociaux pouvant se traduire par des risques sur une durée de prescription standard de 3 ans.

Anticiper sa levée de fonds : les clés pour réussir ses due diligences

Nous avons décrit deux phases importantes d’une levée de fonds :

Cette préparation, exigeante et technique, gagne à être anticipée avec l’appui d’un expert.

Les équipes Exponens accompagnent les start-up en amont de leurs levées de fonds, pour structurer les données juridiques, financières, fiscales et sociales et sécuriser chaque étape du processus. N’hésitez pas à contacter un expert Exponens pour préparer votre prochaine levée de fonds dans les meilleures conditions.

Échangeons sur vos besoins.

Rédigé par Matthias Collot – Expert-comptable, Associé Exponens