French Tech 2026 : le passage de l’euphorie à la maturité exigeante

19 janvier 2026

Le passage à cette nouvelle année est le moment idéal pour dresser le bilan de l’exercice 2025 et identifier les perspectives pour 2026. En s’appuyant sur les analyses de référence (BPI, France Digitale, Les Échos), on observe un consensus : l’année 2025, marquée par l’incertitude, ouvre une nouvelle phase de maturité, après des années post-Covid de croissance effrénée.

 1. Des levées de fonds plus sélectives mais résilientes

Malgré un contexte macroéconomique complexe, l’écosystème a fait preuve d’une réelle capacité de résistance. Les levées de fonds ont représenté un montant de 8 milliards d’euros en 2025 (source BPI).
Si ce chiffre marque un repli par rapport aux records précédents, les quelque 500 opérations réalisées prouvent que les investisseurs restent actifs.

  • Une baisse en volume : Le baromètre France Digitale/EY tempère toutefois cet optimisme en relevant une baisse de 35 % en valeur et de 24 % en volume des levées de fonds au 1er semestre 2025 (2,8 milliards d’euros).
  • L’effet d’entraînement : Ce chiffre comprend notamment la levée historique de Mistral (1,7 milliard d’euros).
  • Un pivot stratégique : France Digitale note un basculement vers des projets plus ambitieux et intensifs en capital. On observe un essor des domaines de la Deeptech comme le quantique, la robotique ou l’intelligence artificielle, complétant l’offre plus traditionnelle des logiciels SaaS et des marketplaces.

2. Consolidation, rachats et réalités de marché

L’année 2025 a également été celle d’un “retour au réel” brutal pour certains acteurs. Dès octobre 2024, Les Échos anticipaient déjà cette tendance en décrivant comment certaines start-ups poussaient pour la première fois la porte des Tribunaux de commerce.

Ce climat difficile s’est traduit par une vague de faillites et d’adossements stratégiques. Deux exemples ont particulièrement marqué les esprits :

  • Ynsect : La faillite de ce fleuron de l’agritech, ancien membre du Next 40, a agi comme un électrochoc. Malgré des centaines de millions d’euros levés, la start-up n’a pas réussi à atteindre une production économiquement viable. Ce cas divise les observateurs : faut-il y voir un excès de confiance des investisseurs ou l’essence même de l’innovation risquée ?
  • Carmat : L’annonce de la liquidation judiciaire de cette société (cœur artificiel) en janvier 2026 rappelle que les sociétés innovantes restent fragiles, même après des années d’existence.

À retenir :
La raréfaction des financements place désormais le “cash” et la rentabilité au sommet des priorités pour éviter les accidents de parcours.


3. Un écosystème au cœur des débats politiques

En 2025, la “Tech” n’est plus une bulle isolée ; elle est pleinement percutée par les enjeux de souveraineté et de rigueur budgétaire. L’instabilité politique française et la recherche d’équilibre budgétaire ont placé le secteur sous les projecteurs :

  • Débats fiscaux : Le projet de “Taxe Zucman” a suscité de vifs échanges, notamment lors du FD Day entre l’économiste et Philippe Aghion, obligeant même des dirigeants comme Arthur Mensch (Mistral) à prendre la parole publiquement.
  • Défense des acquis : Les discussions sur le Crédit Impôt Recherche (CIR) et le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI) ont réveillé les réflexes de défense de l’écosystème, rappelant par certains aspects le mouvement des « Pigeons » de 2012.

À retenir :
Malgré ces tensions, le poids économique du secteur reste impressionnant : avec 16 200 start-ups (+1 200 en un an) et 1,45 million d’emplois (dont 500 000 internes, en hausse de 11,5 %), la Tech est un pilier indiscutable de l’économie française.


4. Quelles perspectives pour 2026 ?

Pour l’année à venir, France Digitale et la BPI identifient trois axes majeurs pour maintenir la dynamique :

  1. Reconnecter la tech et l’économie réelle (répondre à des besoins concrets et industriels).
  2. Acquérir une véritable dimension européenne pour peser face aux géants américains et chinois.
  3. Garder le cap malgré un environnement macroéconomique qui reste instable.

Un point de vigilance majeur reste la valorisation des entreprises. Selon une étude de Scale X Invest, client Exponens, publiée dans Les Échos, le multiple médian de valorisation dans la tech européenne est tombé à 4,73 fois les revenus début 2025 (soit une baisse de 18 % sur un an).

Cette correction des prix influence directement la motivation des salariés (via les BSPCE/BSA) et la capacité des fondateurs à lever des fonds sans trop se diluer.

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